Il est des lieux où souffle l'Esprit

PRÉ-HISTOIRE

Les documents sont rares, et on ne peut qu’imaginer la vie à l’époque. Les vallées où nous vivons sont restées très longtemps recouvertes par l’eau de fonte des glaciers. La vie ne pouvait se développer que sur les hauteurs, et en ce qui nous concerne, sur le massif du Fossard.

Des traces de l’époque glacière subsistent encore comme à la Roche des Cuveaux (1) à Eloyes, avec ses cavités si singulières, ou encore avec la présence de pierres gigantesques, plantées au milieu de nos forêts, comme la Pierre Kerlinkin (2), au sommet du Fossard.

Pour notre territoire, c’est bien le « Mont Habend », aujourd’hui appelé Saint-Mont, qui construira et façonnera durablement la vie de nos ancêtres et par conséquent la nôtre. La montagne du Saint Mont, à 670 mètres d’altitude offre un exceptionnel point de vue sur les vallées de la Moselle et de la Moselotte. Les hommes ont vite compris tout le parti qu’ils pouvaient tirer de ce lieu de refuge et d’observation. Des pointes de flèches de l’époque préhistorique attestent la présence humaine de chasseurs-cueilleurs de cette période.

ÉPOQUE GALLO-ROMAINE

De par sa situation, le Saint-Mont (3) est un point d’observation remarquable. Le « castrum » sommital était probablement dédié à la défense des constructions galloromaines dans les villes de Plombières et Luxeuil. Mais il va devenir par la suite bien plus encore.

À cette époque, nos vallées sont parcourues par d’importantes voies commerciales ou militaires, reliant Besançon à Metz.

La ville de Plombières-les-Bains, fut un lieu d’habitat gaulois (les Leuques). Au deuxième siècle, les Romains y découvrirent des sources d’eau chaude et entreprirent des travaux gigantesques pour aménager les lieux en centre balnéaire (10) et y accueillir les blessés de guerre. Son attrait se limitait à l’utilisation thermale et il n’existait pas encore de « ville » à proprement parler. Le centre sera détruit en grande partie lors de la chute de l’Empire Romain.

DU MOYEN-ÂGE À LA RÉVOLUTION

Amé et Romaric implantèrent un monastère de femmes sur le Mont Habend vers l’an 620 où sept groupes de 12 moniales se relayaient pour prier. C’est d’ailleurs symboliquement que furent érigées 7 chapelles autour du monastère.

Soucieux de la gloire de son monastère, Romaric se rendit à Rome en 641 pour mettre sa fondation sous la juridiction du Saint-Siège. Ce privilège fût maintenu jusqu’à la destruction de l’abbaye à la Révolution Française. Romaric s’éteignit dans son monastère en 653. La réputation de Romaric et d’Amé fut telle que de tous côtés afflua sur les hauteurs du SaintMont un grand nombre de religieuses et l’élite de la noblesse. Arnould : ancêtre direct de Charlemagne, précepteur du roi mérovingien Dagobert, y arpente le sentier des moines menant à la croix Saint-Arnould (4), pour soigner les lépreux jusqu’à sa mort. Charlemagne se rendra régulièrement à un relais de chasse aux Granges de Franould (5) à Dommartin-lès-Remiremont.

En 818, les moniales quittent le Saint-Mont pour s’installer sur ce qui se nomme aujourd’hui le quartier de l’abbatiale qui va connaitre une évolution considérable au fil des siècles. Enrichi par les libéralités des rois de France, des empereurs germaniques et des premiers ducs de Lorraine, le chapitre de Remiremont deviendra l’un des plus illustres d’Europe. Le monastère grandit rapidement, devenant de plus en plus riche. L’abbesse, de lignée princière, parfois royale, était, de droit, princesse du Saint-Empire, souveraine du petit Etat abbatial. Quant aux chanoinesses,

Mesdames de Remiremont, pour être admises au Chapitre, elles devaient venir de manière incontestable de huit quartiers de noblesses dans les branches paternelles et maternelles, chaque branche étant prouvée par deux cents ans de filiation ! Fait remarquable dans notre histoire : les Abbesses et les Chanoinesses vont exercer le pouvoir politique sur nos vallées jusqu’à la Révolution de 1789. Aux alentours, la vie croît également. Le prieuré d’Hérival (6) se dresse au XIe sur la commune du Val D’Ajol. Plombières-les-Bains, en ruines, va se remettre également en état, commençant par la grande piscine. La haute aristocratie de Remiremont se rendra régulièrement aux bains de Plombières, qui lui redonnera vie avec notamment la construction d’un hôtel particulier.

Que demeure-il de cette époque ?

La crypte (7), toujours visible aujourd’hui, est en fait la première église abbatiale datant du XIe siècle consacré par le pape Léon IX en 1049. L’église actuelle, elle, date de XIIIe siècle. Une partie de l’ancien Jardin des abbesses (8), avec deux belles fontaines rocaille. Les arcades (9), bordants la Grande Rue. Le Saint-Mont avec quelques structures.

 

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